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Statement by Osman Kavala upon completion of his 9th year in prison

 

I have now completed my ninth year in Silivri. When I was first detained, I thought it was a mistake that would be corrected shortly. I was wrong. Following the Gezi trial, which ended in my acquittal due to the absence of any evidence that I had committed a crime, my detention was maintained on the basis of a fabricated espionage charge, despite the judgment of the European Court of Human Rights (ECtHR). The acquittal decisions were overturned, and severe sentences were imposed on me and the other defendants. In an attempt to compensate for the lack of evidence supporting the charges against me, inconceivable allegations were put forward. It was alleged that I had directed the Taksim Solidarity Platform, comprising more than twenty political parties and political organisations and nearly one hundred trade unions, professional chambers and associations, towards an uprising, and that I had met all the needs of demonstrators who were allegedly attempting to overthrow the government.

In view of all this, the ECtHR, in its latest judgment, characterised the measures that led to the restriction of my liberty as a flagrant denial of justice.

This finding signifies a failure to comply not only with the rules of law but also with ethical principles. One consequence of this is the devaluation of human life.

I was 60 years old when I entered prison. Since then, I have spent almost all the time during which I could have actively engaged in civil society work, as well as a significant portion of the years during which I could have expected to live in good health, in prison. Nevertheless, despite all the difficulties we are experiencing, I believe that I will live to see progress towards the establishment of the rule of law in my country. If, as I hope, lessons can be drawn from the Gezi trial and the injustice I have suffered, this will be a source of consolation for me.

Osman Kavala

November 1, 2026

 


 

Déclaration d’Osman Kavala à l’occasion de la neuvième année de sa détention

Cela fait maintenant neuf ans que je réside à [la prison de] Silivri. Lorsque j’ai été arrêté pour la première fois, je pensais qu’il s’agissait d’une erreur qui serait rapidement corrigée. Je me suis trompé. Après le procès de Gezi, qui s’est soldé par un acquittement en raison de l’absence de toute preuve de ma culpabilité, ma détention s’est poursuivie malgré la décision de la CEDH, sur la base d’accusations d’espionnage montées de toutes pièces. Les arrêts d’acquittement ont été annulés et de lourdes peines ont été prononcées à mon encontre ainsi qu’à l’encontre des autres accusés. Pour pallier l’absence de preuves à l’appui des accusations portées contre moi, des allégations invraisemblables ont été avancées. On m’a reproché d’avoir incité la Plateforme de solidarité de Taksim – composée de plus de vingt partis et organisations politiques, ainsi que de près d’une centaine de syndicats, d’ordres professionnels et d’associations – à se soulever, et d’avoir subvenu à tous les besoins des manifestants qui auraient tenté de renverser le gouvernement.

C’est parce que l’inanité de tout ceci est très clair que la CEDH, dans son dernier arrêt, a qualifié de déni flagrant de justice les mesures qui ont entraîné la restriction de ma liberté.

Ce constat signifie non seulement que les règles de droit n’ont pas été respectées, mais aussi que les principes éthiques ont été bafoués. L’une des conséquences en est que la vie humaine est considérée comme sans valeur.

J’avais 60 ans lorsque j’ai été incarcéré. Tout le temps que j’ai passé en prison depuis j’aurais pu le consacrer à poursuivre mon travail actif dans le domaine de la société civile et j’ai perdu aussi une partie importante de mes années de vie en bonne santé. Cependant, malgré toutes les difficultés que nous traversons, je crois que je vais pouvoir assister [dans l’avenir] à des avancées pour l’instauration de l’État de droit dans mon pays. Si, comme je l’espère, des leçons peuvent être tirées du procès Gezi et de l’injustice dont j’ai été victime, cela sera pour moi une source de réconfort.

Osman Kavala

1er novembre 2026